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"Description géographique et historique de la Haute-Normandie"

par dom Michel Toussaint Duplessis, 1740
réédité en 1971 aux éditions Le Portulan (bib. Rouen M 13428-2)

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Ancreteville l’Esneval

Saint ….[i]

 

Quelques-uns donnent encore à ce lieu le nom d’Anquetierville.

 

Archidiaconé : grand doyenné de Pavilly

Gouvernement : Normandie

Parlement, Chambre des Comptes, Cour des Aides : Rouen

Bailliage : Rouen             Vicomté : Rouen

Généralité : Rouen         Election : Rouen

 

Vers le milieu du treizième siècle, l’administrateur de la léproserie de Pavilly présentait à la cure (pouillé d’Eudes Rigaud). En 1648, selon le pouillé de cette année-là, il en avait encore le droit. Mais selon les derniers pouillés, ce patronage appartient au Vidame d’Esneval.

 

 

Fretemeule

Saint Pierre

 

Les titres latins portent de fracta mola ou de fracto molendino.

 

Archidiaconé : grand doyenné de Pavilly

Gouvernement : Normandie

Parlement, Chambre des Comptes, Cour des Aides : Rouen

Bailliage : Rouen             Vicomté : Rouen

Généralité : Rouen         Election : Rouen

 

 

Saint Victor la Campagne

 

Archidiaconé : grand doyenné de Pavilly

Gouvernement : Normandie

Parlement, Chambre des Comptes, Cour des Aides : Rouen

Bailliage : Rouen             Vicomté : Rouen

Généralité : Rouen         Election : Rouen

 

Selon les pouillés et selon un aveu du 1er juillet 1538, le fief de Saint Victor la Campagne, autrement dit le Plessis, à droit de présenter à la cure (archives de la chambre des comptes de Paris)



[i] Notre Dame d’Ancretiéville, puis saint Gilles à partir de 1720.

 



 

"Les églises de l'arrondissement d'Yvetot" par l'abbé Jean Cochet, 1852

réédité en 1999 aux éditions Page de Garde

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Saint-Victor-la-Campagne

 

Cette église, fort joliment tenue, est entourée de murs d’un côté et de l’autre de beaux arbres qui couvrent de leur ombre les tertres tumulaires des aïeux.

Elle fut bâtie primitivement au XIe siècle, avec du silex et de la pierre tufière, matériaux ordinaires de ce temps dans notre pays. De cette époque reculée il ne reste que le portail principal, cintre légèrement brisé, et le clocher placé entre chœur  et nef. Cette construction est fort grossière et les ouvertures sont faites sans aucun soin. Le reste de la nef a été remanié et pour ainsi dire refondu au XVIIe siècle, ainsi que le chœur. La sacristie seule a été ajoutée à la fin du XVIIIe.

Le seigneur du lieu a toujours été patron de la cure et cela, dit le Bénédictin qui commença l’histoire de nos églises, à cause du fief du  Plessis. Ce devait être un très-grand personnage dans ces derniers temps, car on trouve deux litres sur les murs de la nef, ce qui ne s’accordait guère qu’à un duc et pair.

Le château de Saint-Victor, qui est une belle construction moderne, est situé loin de l’église et appartient à M. Dessolliers. Malheureusement il a perdu ses belles avenues de hêtres, si chères à nos châteaux cauchois.

Au XIIe siècle[i], le propriétaire de la terre de Saint-Victor-en-Campagne (in Campaniâ) était Adam de Guetteville, écuyer, dont le fils Guillaume de Guetteville présenta à l’archevêque Rigaud le prêtre Guillaume pour curé[ii].

C’est peut-être encore le châtelain de Saint-Victor qui aura donné à l’église vers 1690 ou 1700, une superbe contre-table en bois sculpté, à colonnes corinthiennes torses, couvertes de vignes et de raisins que mangent des colombes et des serpents. Le tabernacle est une très-jolie boiserie sculptée, comme on savait la faire sous Louis XIII.

Saint-Victor, de l’ancien doyenné de Pavilly, comptait 95 paroissiens en 1250, 51 feux en 1738, 49 en 1820. A présent c’est avec les réunions de Frettemeule et d’Ancretiéville, une succursale de 533 habitants.

Les archives de cette église sont au dépôt départemental de la préfecture de la Seine-Inférieure. Dans la section des trésors et fabriques, on trouve une liasse considérable qui renferme des pièces nombreuses sur papier et sur parchemin. Ce sont pour la plupart des aveux, des fondations et des titres de rente qui remontent jusqu’à 1681, 1648, 1613, 1612 et 1588. Les registres de la fabrique ne vont que depuis 1750 jusqu’au 19 germinal an II.

 

Ancretiéville ou Anquetierville-l’Esneval.

 

Sur la plaine entre Frettemeule et Saint-Victor-la-Campagne, fut autrefois la paroisse d’Ancretiéville-l’Esneval, ainsi surnommée parce que la terre appartenait aux fameux d’Esneval, châtelains de Pavilly. Cette pauvre église, supprimée à la révolution, tombe en ruines depuis dix ans. On parle toujours de la rétablir, mais on attend sans doute qu’elle soit complètement tombée.

Aux archives départementales,  Ancretiéville-l’Esneval compte un registre de fabrique, de 1782 à 1793.

On trouve dans le chartrier du château des Esneval, à Pavilly, un très-beau registre intitulé :

"Papier-terrier de la paroisse d'Ancretiéville, membre de la baronnie et vidamie d'Esneval appartenant à haut et puissant seigneur Esprit-Robert-Marie Leroux, chevalier, baron d'Esneval, vidame de Normandie, châtelain de Pavilly, seigneur, châtelain et patron de Villers-le-Chambellan, Ecales, Néville, Lahay, Les Ifs, etc., dressé en 1775".

Le seigneur-patron de cette paroisse fut le châtelain de Pavilly qui se désista de ce droit en fondant la léproserie de Pavilly, confiée alors à des réguliers, probablement des chanoines. Au temps de Rigaud, le patron d’Angretiéville[iii] était le prieur de la maladrerie ; mais comme la cure vint à vaquer dans un moment où il n’y avait pas de prieur, Rigaud reçu Guillaume Bourgeois[iv], à la présentation des lépreux. Le bénéfice valait alors 40 livres et comptait 60 paroissiens. Au XVIe et au XVIIe siècle le droit de présentation était passé à l’administrateur de l’hôpital de Pavilly ; mais en 1704 et 1738 ce privilège était revenu aux châtelains d’Esneval, comme vidames de Pavilly. A cette époque, la paroisse comptait 58 feux. Il y en avait encore 66 en 1823, quand elle fut réunie à Saint-Victor-la-Campagne, pour ne former avec elle qu’une succursale sous le nom d’Ancretiéville-Saint-Victor.

 

Frettemeule.

 

Frettemeule tire son nom d’une ancienne industrie qui ne peut être que des moulins-à-vent[v]. De vieux titres l’appellent de Fracto-Molendino ou de Fractâ-Molâ, c’est ce dernier nom que lui donnent le pouillé d’Eudes Rigaud et le cartulaire de Saint-Wandrille1. L’église, entourée d’une litre armoriée, fut toujours à la présentation du seigneur du lieu2, qui a donné la contre-table en bois, laquelle porte sur plusieurs points le sceau de ses armes.

Cette petite église, dédiée aux bienheureux apôtres saint Pierre et saint Paul, renferme quelques débris tufiers de XIe, mais le pignon de l’ouest a été refait avec de la brique en 1621, et la nef a été complètement rajeunie vers la fin de ce même siècle. Ce fut aussi sous Louis XIV que l’on remania le chœur originairement construit au XIIe siècle.

Frettemeule, de l’ancien doyenné de Pavilly, n’a plus de prêtre depuis long-temps : c’est maintenant un simple hameau de la succursale d’Ancretiéville-Saint-Victor. En 1250 il y avait 24 maisons, en 1738, 35 feux et 18 seulement en 1820, époque de la réunion.

Au dépôt des archives départementales on trouve trois registres concernant l’ancienne paroisse de Frettemeule. Ce sont d’abord deux registres des comptes et délibérations de la fabrique, allant de 1705 à 1734, et de 1736 à 1782, puis les statuts de la confrérie de Notre-Dame-de-la-Délivrance, érigée dans l’église de Saint-Pierre de Frettemeule, et approuvés en 1664 par messire Charles Dufour, abbé d’Aunay et vicaire-général de Mgr François II de Harlay, archevêque de Rouen.

 

1 Enguerrandus de Fractâ-Molâ. – Cartulaire, p 2005[vi]

2 En 1250 c'était le seigneur d'Esquetot.



[i] Lire « XIIIe siècle »

[ii] C’est Adam qui présente son fils Guillaume. «Archiepiscopus Odo Rigaudi recepit Guillelmum de Gueutevilla, filium Adae de Gueutevilla, ad praesentationem dicti Adae, armigeri». 

[iii] Lire « Anquetreville »

[iv] Le texte latin indique « Willelmus dictus Burgundus » que l’abbé Maurice traduit par Bourguignon.

[v] Lire « moulins » simplement car les moulins à vent n’apparaissent que vers 1100. Or « le nom de Frettemeule semble indiquer l’époque franque ». Il date donc d’avant 911, d’avant les moulins à vent.

[vi] Lire « Engerrandus de Fracta Mola »





"La Seine-Inférieure historique et archéologique" par l'abbé Jean Cochet, 1866

réédité en 1990 aux éditions Bertout

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Epoque franque. – Le nom de Frettemeule semble indiquer l'époque franque, soit qu'on le tire de Fracto Molendino ou de Fractâ Molâ, comme l'appellent le pouillé d'Eudes Rigaud et le cartulaire de Saint-Wandrille. M. Le Prévost croit reconnaître ici le Quatuor Molas donné en 590[i] par saint Wandon, moine de Fontenelle, au monastère du bienheureux Wandrille, mais ceci mérite confirmation.

 



[i] Quatuor Molae désigne Frettemeule en Vimeu (Somme). Il est donné en 696. (Saint-Wandrille est fondée en 649)


"Géographie du département de la Seine Inférieure"

par les abbés Joseph Bunel et Albert Tougard, 1876
tome "l’arrondissement d’Yvetot", réédité en 1992 aux éditions Bertout

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Ancretiéville-Saint-Victor

 

433 habitants, 1 139 hectares, sur un plateau de 170 mètres d’altitude, dominant les sources de la Saâne. Chemin n°103.

Poste à Yerville (9 km), à 20 km d’Yvetot, 30 km de Rouen. Succursale, bureau de bienfaisance.

 

Cette commune est formée de la réunion des trois anciennes paroisses d’Ancretiéville-l’Esneval, de Saint-Victor-la-Campagne et de Frettemeule.

L’église paroissiale est à Saint-Victor-la-Campagne. Cette construction du XIe siècle a été refaite nouvellement.

Deux chapelles, aujourd’hui abandonnées. Pèlerinage peu fréquenté à Saint-Gilles.

Le fief du Plessis présentait à la cure. Les seigneurs de Saint-Victor sont cités dès le XIIe siècle. Joli château du style Louis XV, pourvu d’une chapelle avant la révolution.

 

Ancretiéville, appelé aussi Anquetierville (Duplessis le nomme Ancréteville), a été surnommé l’Esneval, de la famille des seigneurs de Pavilly, auxquels ce village appartenait. Ils en cédèrent le patronage au prieur de la léproserie de Pavilly, peut-être dès le XIIe siècle. En 1074, Guillaume le Conquérant avait rendu à Saint-Wandrille les églises, les dîmes et 5 vavasseurs de Saint-Victor-la-Campagne et d’Ancretiéville. Son église n’existe plus.

 

Frettemeule a conservé la sienne, dédiée à saint Pierre aux XIe et XIIe siècles, mais renouvelée au XVIIe. Elle porte une litre seigneuriale.

Frettemeule (De Fractâ Molâ ou de Fracto Molendino, c’est à dire le Moulin brisé) est présumée d’origine franque[i]. A. Le Prévost crut y reconnaître le Quatuor Molas donné à l’abbaye de Saint-Wandrille par saint Wandon, qui était alors moine de ce monastère.

Ancien château pourvu d’une pauvre chapelle.

 

Hameaux. – Ancretiéville. – Bacolle, 10 hab. – Barnabos, 28. – Bois-Mègle, 43. – Le Château, 22. La Crevonnerie, 77. –Frettemeule, 58. – Maisonnettes, 37. St-Victor, 110.

 



[i] Lire « est présumée dater de l’époque franque » selon l’abbé Cochet

 

Les notes en bas de page sont de Sylves Lamiaux.

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Publié par les amis d'Ancretiéville

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